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9 mai 2012

Evaluation des enseignants : le nouveau gouvernement abrogera le décret

Le conseiller aux questions d’éducation de F. Hollande a annoncé que le décret sur l’évaluation des personnels, publié hier le 8 mai au J.O., sera abrogé dès la mise en place du nouveau gouvernement.

Les fruits d’une mobilisation de la profession et de ses syndicats !

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Le décret n° 2012-702 du 7 mai 2012 « portant dispositions statutaires relatives à l’appréciation et à la reconnaissance de la valeur professionnelle de certains personnels enseignants, d’éducation et d’orientation relevant du ministre chargé de l’Éducation nationale » est publié au JO du 8 mai 2012. Vincent Peillon, le conseiller éducation, enseignement supérieur, recherche et jeunesse de François Hollande précise que «  dès la prise de fonction de François Hollande et la mise en place du nouveau gouvernement, ce texte sera abrogé  » .

Malgré le refus d’une majorité de syndicats de siéger au CT ministériel du 8 mars devant procéder à l’examen de ce texte, puis un vote contre unanime des organisations syndicales à la séance suivante, Luc Chatel avait indiqué que les textes seraient publiés avant la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Depuis décembre dernier, le SNUipp-FSU et les syndicats enseignants n’ont cessé de dénoncer cette réforme désastreuse pour l’école (cf analyse ci-dessous). De nombreuses mobilisations se sont organisées (grèves nationales le 15 décembre et le 31 janvier, pétition unitaire...).

«  La gestion de ce dossier important a constitué, de la part du gouvernement sortant, un modèle de mépris du dialogue social dont il fut coutumier, mais la date retenue pour la publication constitue aussi un passage en force du point du vue politique peu compatible avec les usages républicains et tout à fait inacceptable », estime Vincent Peillon. « Les atermoiements du gouvernement sortant ont de plus provoqué un doute sérieux dans l’encadrement des écoles, des collèges et des lycées sur les rôles effectivement dévolus, dans ce dispositif, aux corps d’inspection et de direction dans la pseudo-procédure d’évaluation proposée », relève-t-il dénonçant une « une totale improvisation » et une « impréparation du dossier ».

Discuter des missions et des conditions de travail des enseignants : nécessité de relancer le dialogue social

Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, estime que la question de l’évaluation « touche au cœur même du métier ». « Il faut travailler sur cette question en rentrant par la dimension métier. Il faut regarder quelles sont les missions évaluées et ensuite s’intéresser à l’impact sur la carrière des personnels », souligne-t-elle.

C’est aussi les conditions de travail des enseignants qui sont interrogées au travers de l’inspection : reconnaissance du travail d’équipe, effectifs par classes, présence des RASED...

Pour le SNUipp-FSU, le statut-quo n’est pas satisfaisant et des discussions de fond, sereines, doivent s’ouvrir rapidement avec les interlocuteurs qui seront prochainement nommés.


De l’inspection en classe à l’entretien professionnel : analyse du SNUipp-FSU
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Aujourd’hui, les enseignants des écoles sont inspectés dans leur classe avec de grandes différences sur la fréquence, le nombre et le déroulement des inspections. En général, l’IEN avertit de sa venue plusieurs jours avant, et fait éventuellement parvenir ses demandes. Il observe des séquences en classe et consulte les documents demandés (cahier-journal, progressions, projet d’école, cahiers d’élèves, évaluations...) puis il mène un entretien avec l’enseignant. A la suite de cette inspection, un rapport accompagné d’une note, validés par l’inspecteur d’académie, est envoyé à l’enseignant. Ce dispositif n’est pas du tout satisfaisant.

Ce qui changerait
- un entretien professionnel tous les trois ans Avec le nouveau projet, l’inspection en classe serait remplacée par une évaluation de la valeur professionnelle. Cette évaluation serait conçue comme un processus dans le temps ponctué par un entretien professionnel tous les 3 ans. Cet entretien comprendrait l’examen partagé d’une auto évaluation et permettrait à l’IEN d’apprécier « la manière de servir de l’agent ».

- quatre critères d’évaluation L’entretien porterait « sur le positionnement de l’agent » envers quatre critères : la capacité à faire progresser chaque élève*, les compétences de l’enseignant « notamment didactiques », la pratique professionnelle dans l’action collective de l’école « dans le cadre des programmes scolaires officiels et de la mise en œuvre des réformes », la qualité du cadre de travail. Pour le SNUipp, il est inconcevable d’envisager l’élaboration de tels critères, comme de l’ensemble du dispositif, sans y associer les enseignants.

- le barème supprimé Le système de note serait supprimée. A l’issue de l’entretien, l’IEN proposerait à l’IA que certains enseignants bénéficient des réductions d’ancienneté (6 mois ou 15 mois tous les 3 ans) qui permettrait alors à ces « heureux élus » d’accéder plus rapidement à l’échelon supérieur. Cela modifie en profondeur le système des promotions ( changement d’échelon) des enseignants. Celui-ci ne se ferait plus à partir d’un barème connu de tous mais sur décision directe du supérieur hiérarchique. Au final, c’est moins de transparence et plus d’arbitraire.

Parallèlement à ce projet, une redéfinition de la gouvernance académique se met en place. A l’avenir, les inspecteurs du premier degré ne feront plus parti des services académiques de l’inspection. A l’instar des chefs d’établissement, ils vont intégrer la ligne hiérarchique décisionnelle. « Alors que jusqu’ici tous les inspecteurs tiennent leur autorité de leur expertise pédagogique et disciplinaire, les IEN la tiendraient désormais de leur appartenance à la chaîne hiérarchique. Autrement dit, d’une place de « fonctionnaire de proposition » ceux-ci passeraient à un statut de « fonctionnaire de décision . De quoi mettre à mal la liberté d’appréciation et la distance intellectuelle nécessaires à l’inspection » estime le syndicat de la FSU des inspecteurs.

* Comment évaluer les progrès des élèves ? "Dans l’absolu c’est une difficulté", nous dit J.Théophile [directrice des ressources humaines au ministère]. Mais "dans le cadre d’une évaluation régulière tous les 3 ans, on peut utiliser des indicateurs comme la réussite aux examens ou le niveau de la classe". Le Café pédagogique, 15 novembre 2011.

À signer et à diffuser :

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- Signez la pétition unitaire.
- Budget, conditions de travail, salaires, évaluations : grève unitaire le 15 décembre

À lire aussi :
- réforme de l’évaluation des enseignants : mauvaise pioche
- promotions : le grand chambardement
- La réaction du SNPI-FSU, le syndicat des IEN de la FSU., relayée également par le Café Pédagogique
- Le dossier du Café pédagogique (16/11/2011)
- L’Editorial du Café Pédagogique du 21/11

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Dossier spécial sur le projet d’évaluation des enseignants

 

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