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28 février 2011

Le redoublement en question.

Une étude européenne vient confirmer la France sur le podium des pays où on redouble le plus. Pourtant, de nombreuses voix s’élèvent pour contester une pratique qui ne répond pas aux difficultés que peuvent rencontrer les élèves. Des alternatives existent, le SNUipp-FSU donne son point de vue.
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Une étude Eurydice, commandée par l’Union Européenne, vient d’établir le palmarès des pays où on pratique le redoublement dans le système éducatif. La France, avec 18% d’enfants ayant redoublé au moins une fois au cours de la scolarité primaire, se place dans le peloton de tête, loin devant de nombreux autres pays tels que l’Italie (1%) la Pologne (2%) ou encore la Finlande (2,4%). Et selon les experts d’Eurydice, "l’adaptation des réglementations en matière de redoublement n’est pas suffisante pour changer la conviction de certains pays selon laquelle le redoublement serait bénéfique à l’élève." L’étude préconise donc de "remplacer cette conviction par une autre approche de la gestion des difficultés d’apprentissage des élèves." Car en effet, enquêtes internationales et travaux de chercheurs convergent pour mettre en cause l’efficacité du redoublement dans le parcours scolaire des enfants.

Une pratique contestée

Inefficace, coûteux et injuste, tels sont les qualificatifs le plus communément employés pour juger du redoublement. Inefficace, parce que "si certains redoublants rattrapent leur retard, la grande majorité d’entre eux ne le fait pas" constate Androulla Vassiliou, commissaire européenne chargée de l’Éducation. Marie Duru-Bella, sociologue à l’institut de recherche sur l’éducation (Iredu) ne dit pas autre chose, quand elle pointe que « les élèves qui redoublent progressent un peu, mais progresseraient davantage s’ils étaient passés quand même dans la classe supérieure. » Les résultats de l’enquête Pisa le confirment, qui présentent la France comme une élève très moyenne au regard de ses performances, quand des pays comme le Japon ou la Norvège obtiennent des scores systématiquement supérieurs, tout en ayant banni le redoublement. La dimension d’injustice est également au rendez-vous, les statistiques montrant que les taux de redoublement sont nettement plus élevés parmi les enfants issus des groupes socioéconomiques moins favorisés. De plus, selon Philippe Perrenoud, lui aussi chercheur en sciences de l’éducation, la décision du redoublement est prise en fonction du niveau de l’élève « dans sa classe » et aussi des « normes d’excellence » de l’enseignant. Pour des élèves de même niveau, elle diffère donc d’une classe à l’autre ! Enfin, le redoublement coûte cher à la collectivité, puisque deux milliards d’euros y sont consacrés chaque année.

Quelle alternative ?

Paradoxalement, en France, ces constats ne conduisent pas à une condamnation « mécanique » du redoublement par les enseignants. Mais il semble que la pratique, bien que perçue comme insatisfaisante, perdure en quelque sorte « faute de mieux ». Et c’est bien la question des alternatives, qu’il s’agit de mettre en avant. Pour le SNUipp, la scolarisation précoce, oh combien mise à mal ces dernières années, est un levier important pour éviter les redoublements en CP. Redoublement dont on sait les conséquences sur le parcours scolaire d’un enfant. Une réelle mise en œuvre des cycles, eux-aussi malmenés depuis le passage de Xavier Darcos au ministère de l’éducation nationale, mérite d’être soutenue et accompagnée. Elle devrait s’appuyer sur une importante réduction des effectifs par classe, notamment dans les secteurs scolaires les plus en difficulté, une formation des enseignants de qualité pour une meilleure prise en charge de l’hétérogénéité et de la difficulté scolaire. La réhabilitation des RASED et une véritable relance de l’éducation prioritaire sont aussi à l’ordre du jour, comme une toute autre politique budgétaire. Qu’on en juge ! La moitié des deux milliards d’euros que coûte le redoublement chaque année, permettrait à elle seule de créer 37 000 postes d’enseignants du primaire. Il y aurait là, à n’en pas douter, les conditions réunies pour une profonde transformation de l’école. Gageons, en toute hypothèse, que le redoublement n’y survivrait pas.

Lire aussi
- Le communiqué de presse du SNUipp-FSU
- L’étude Eurydice

 

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