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  • Lettre à l’IA sur les projets d’école
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  • Bulletin envoyé à tous les enseignants du département
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29 janvier 2010

Un projet d’école : pour quoi faire ?

Vous avez reçu un bulletin spécial avec l’analyse et les consignes du SNUipp. Les enseignants et les parents doivent rester maîtres de leur projet d’école. L’IA nous reçoit à ce sujet le 16 mars.

Ce vendredi 22 janvier, à l’occasion d’une CAPD, l’IA nous a informé vouloir nous recevoir très prochainement sur le sujet des projets d’école. Tenez-nous informés de vos éventuelles difficultés et vos analyses.


Ce vendredi 15 janvier, le SNUipp 85 s’adresse à l’Inspecteur d’Académie et aux IEN.

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Lettre à l’IA sur les projets d’école

Le SNUipp 85 appelle les enseignants des écoles à :
- Faire le « tri sélectif » des indicateurs des pages 3 à 6 du dossier du Projet d’école, en ne retenant que ceux révélateurs pour l’école.
- Intégrer le contexte socio-économique de la commune ou du secteur afin que ces éléments entrent en compte dans l’analyse des résultats des élèves.
- Transmettre au SNUipp 85 une copie de la page 10 portant sur les besoins de formation. Nous en ferons un recensement pour porter les besoins des équipes lors des différentes réunions (CAPD, Conseil départemental de formation…).
- Soumettre d’abord le projet au Conseil d’école qui doit l’adopter (circulaire ministérielle n°90-039 du 15/02/1990) et non simplement donner un avis comme demandé par l’IA.

En cas de difficultés, contactez [la section départementale>http://85.snuipp.fr/spip.php ?article1] ou vos délégués du personnel.

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Bulletin envoyé à tous les enseignants du département

Texte du courrier :

Monsieur l’Inspecteur d’Académie, Par circulaire du 10 décembre vous invitez les équipes enseignantes à élaborer le projet d’école 2010- 2014. Nous souhaitons à ce sujet vous apporter notre analyse.

Le projet d’école, instauré par la loi d’orientation du 10 juillet 1989, s’imposait par la mise en place de la politique des cycles : prendre en compte l’enfant tel qu’il est, assurer dans les meilleures conditions la continuité de ses apprentissages, permettre aux enseignants de travailler en équipe... L’enfant était au centre du système éducatif.

Chaque projet se définissait école par école et les enjeux étaient de trois ordres : 1. Pédagogique 2. Éducatif 3. Institutionnel.

L’aspect pédagogique

Il visait une meilleure réussite scolaire grâce à une pédagogie efficace et active en travaillant dans un cadre interdisciplinaire ou le savoir-faire devait prendre une place plus large. Nous sommes maintenant essentiellement dans "l’acquisition des fondamentaux français et mathématiques". Ainsi, nous nous retrouvons avec des pages de statistiques à renseigner centrés sur des indicateurs relevant du constat des résultats des élèves (indicateurs de résultats, évaluations nationales, indicateurs centrés sur les enseignements, indi- cateurs centrés sur la réussite scolaire, indicateurs centrés sur l’aide aux élèves, dispositifs d’aides...).
Cependant, les indicateurs socioculturels et économiques sont laissés de côté. L’État n’est-il pas en train d’éva- cuer toutes ses responsabilités ? Tout ne peut pas être porté par l’École. Nous savons tous combien les fac- teurs socioculturels et économiques pèsent sur la réussite des élèves : "Dès l’entrée en CP, la catégorie so- cioprofessionnelle des parents est le facteur le plus discriminant pour les avantages des enfants" écrit Ber- nard SEILLIER dans son rapport déposé au Sénat en juillet 2008.
L’enseignant se retrouve seul à devoir répondre à un maelstrom de statistiques plus culpabilisantes les unes que les autres. Quels sont les outils et moyens donnés aux équipes enseignantes pour répondre au dé- fit partagé d’une amélioration des résultats scolaires ?
L’enseignant est écrasé par des injonctions (ne plus faire redoubler, individualiser les parcours, évaluer chaque compétence dans le cadre du socle commun, résoudre toutes les difficultés des élèves...) pour lesquelles il n’a pas les leviers suffisants pour répondre (formation, conditions d’enseignement). Alors qu’il faudrait agir sur les pratiques pédagogiques, l’institution baisse le rideau, n’apporte plus les formations nécessaires et renvoie sur les enseignants et sur les parents la responsabilité de l’échec de l’enfant. Alors qu’il faudrait repenser le fonctionnement des écoles, petits groupes de travail, rythmes scolaires adaptés, décloisonnements, plus de maîtres que de classes, aides apportées par des enseignants spécialisés, temps de concertation, accueil des plus petits (moins de trois ans y compris) dans de meilleures conditions, rencontres régulières avec les familles... l’État gère les postes en fonction de moyens budgétaires définis dans un cadre idéologique (suppression d’un fonctionnaire sur deux) et non en fonction des besoins de notre société. Pourtant, dans le même rapport sénatorial, il est écrit : "Enfin, si la question des moyens doit être soulevée dans l’éducation nationale, c’est bien dans l’enseignement primaire. Les recherches de M. Thomas Piketty ont en effet montré « qu’une réduction de la taille des classes à 17 élèves en CP et CE1 (au lieu de 22 actuellement) permettrait de réduire de près de 45 % l’inégalité en mathématiques à l’entrée en CE2 entre écoles ZEP et hors ZEP."" Les équipes enseignantes sont écrasées par la gestion de la classe, le rythme infernal de la journée, la gestion de multiples éléments, des dossiers toujours plus nombreux, une institution oppressante, le sentiment d’être abandonnées.
Votre circulaire renvoie à chaque échelon du système éducatif les responsabilités de chacun. Le niveau départemental est totalement vaporisé. Tout repose sur les écoles. La formation serait même de la responsabilité des circonscriptions. Peut-on considérer une conférence pédagogique comme un temps de formation ? Les conseillers pédagogiques peuvent-ils encore agir auprès des enseignants ? En ont-ils en- core le temps ?

L’aspect éducatif

Il devait considérer l’enfant tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’école en multipliant les rencontres avec les familles et en articulant les activités scolaires, post et périscolaires.
Le projet d’école aborde effectivement à plusieurs reprises l’implication des partenaires. Ceux-ci ne sont d’ailleurs pas nommés. S’agit-il des familles, des associations, des communes, des services sociaux ? L’École et ses enseignants sont perçus comme des quémandeurs, toujours à la recherche de fonds pour agir. Sur qui pouvons-nous concrètement compter ? Les associations ? Elles font ce qu’elles peu- vent avec les bénévoles dont elles disposent. Les communes ? Toujours plus sollicitées pour répondre aux besoins de l’ensemble de leur population, elles disposent de moins en moins de marges. Les familles ? Même si la réussite de leurs enfants leur est primordiale, elles sont malmenées. Les services so- ciaux ? Leur activité n’a rarement été aussi importante et leurs moyens d’actions aussi limités.
L’École ne dispose réellement pas de partenaires pouvant apporter des réponses en profondeur. Seule une volonté nationale pourrait modifier la donne, elle n’existe pas à ce jour. Pour exemple, la sup- pression des crédits pédagogiques...

L’aspect institutionnel

Favoriser le travail en équipe et recenser les besoins en formation dont aura besoin l’équipe pour mener le projet sont les points essentiels de cet aspect. Nous ferons là aussi les mêmes constats... Pour en finir, j’aborderai les questions d’élaboration du projet et sa validation. • Vous proposez aux équipes d’élaborer le projet sur les deux demi-journées de "solidarité" com- me cela est proposé au B.O. du 24 novembre 2005. Ce temps reste totalement insuffisant pour un projet qui doit "traduire la hauteur et la qualité de [notre] engagement et de [nos] ambitions pédagogiques et éducatives au service de la réussite de tous les élèves". Certaines écoles ont effectué deux journées de prérentrée ou ont d’ores et déjà utilisé ce temps pour d’autres travaux. Nous vous demandons de faire valoir le temps nécessaires en banalisant le mercredi 12 mai. • La circulaire du 15 février 1990 précise que le projet est adopté par le Conseil d’École puis approuvé par l’Inspecteur d’Académie. Maintenant, c’est l’IEN qui vérifie la "conformité" (Définition du Larousse : "Qui correspond exactement à la norme"). Parce que chaque école est unique, chaque projet d’école est unique. Aucune norme ne peut être établie sauf à penser que le contenu des projets échappe globalement aux équipes ensei- gnantes. Nous le pensons. Tout est ficelé d’avance. Vous nous demandez de valider ce qui est très largement rejeté par les enseignants : nouveaux programmes, organisation de l’école et plus particulièrement ce que vous appelez les dispositifs d’aides (aide per- sonnalisée, stages...). Nous invitons les équipes enseignantes à faire valider le projet par leur conseil d’école sur la base des objectifs répondant à leur analyse et en faisant valoir les besoins nécessaires pour la réussite de leurs élèves (nombre d’élèves par clas- se, formation, accueil en maternelle, besoin de personnels...).
Pour le SNUipp, le projet d’école devrait un élément fédérateur d’une équipe, un temps de réflexion nécessaire et de mise en projection des actions futures. Cependant, la réalité de la si- tuation des écoles nous amène à vous dire que le travail que vous demandez se fera sans convic- tion, sans enthousiasme. L’institution peut-elle se satisfaire de dossiers supplémentaires qui res- teront dans les archives et qui permettront de satisfaire le besoin de statistiques ?
Le SNUipp sera toujours partenaire de politiques ambitieuses. Nous sommes bien trop loin du compte.
Dans l’attente des suites que vous voudrez bien donner à notre courrier, veuillez recevoir, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, l’expression de nos sentiments respectueux.

 

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