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SNUipp-FSU 85

Thèmes abordés


Vous êtes actuellement : Le paritarisme  / Le Comité Départemental de l’Education Nationale (C.D.E.N) 

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3 mai 2004

CDEN du 6 février 2004

Déclaration des élus du SNUipp85

Il est beaucoup question de l’Ecole en ce début d’année 2004 :

 Lutte contre l’illettrisme,
 relance des ZEP,
 examen du projet de loi sur la Laïcité,
 réforme des formations AIS,
 projet de loi pour l’égalité des droits des personnes handicapées (droit à la scolarisation des enfants handicapés),
 grand débat national sur l’avenir de l’Ecole et projet de loi d’Orientation, ...

comme si à elle seule, l’Ecole pouvait avoir réponse à toutes les questions qui sont posées aujourd’hui à la société.

Certes, il faut s’interroger sur ce qui a changé depuis près de vingt ans pour mieux appréhender les nécessaires évolutions de l’Ecole dans un monde en perpétuelle évolution et dont les besoins en formation vont croissant. Nous le disons au SNUipp, l’Ecole a besoin de se transformer pour être mieux en capacité de répondre aux défis qui lui sont lancés. Mais s’il cela est nécessaire, il est tout autant nécessaire de le faire en ne renonçant pas aux objectifs de réussite pour tous et partout.

Au travers d’une préparation de carte scolaire, l’enjeu est donc bien de savoir
 comment permettre à l’enseignement public dans notre département de donner les mêmes chances de réussite à tous nos élèves ?
 comment mieux lutter contre les inégalités ?
 comment permettre à chaque enfant de se former et de s’épanouir dans l’école de tous ? que ce enfant soit scolarisé en Zep à la Roche sur Yon, à l’Ile d’Yeu, au Fenouiller ou à Challans.

Dans cette réflexion, la place des enfants les plus en difficulté est une problématique incontournable si l’on veut garantir l’accès de tous aux savoirs et une voie de réussite scolaire et professionnelle pour garantir une véritable insertion sociale. Et cela commence dès la maternelle. Or, les éléments de cette carte scolaire montrent qu’on en prend pas le chemin !

Pourquoi ?

D’abord, parce que cette carte scolaire est la première concrétisation sur le terrain du budget voté par l’Assemblée Nationale en novembre dernier. Nous n’avons cessé de souligner l’insuffisance des moyens dégagés : La création de 1 500 postes d’enseignants dans le 1er degré pourrait faire illusion mais rapportée à l’augmentation prévue de 54 000 élèves supplémentaires attendus au plan national, on mesure mieux l’écart entre le soi disant effort budgétaire et la réalité des besoins ! (on comprend mieux encore l’insuffisance de le dotation de 1 80 postes d’enseignants pour les Pays de loire)

D’une manière générale cela rendra difficiles les améliorations quantitatives et qualitatives attendues par les enseignants et les familles.

L’autre raison tient à la volonté politique de ce gouvernement de vouloir rétrécir les missions dévolues à l’école. C’est d’ailleurs un des éléments phares du futur projet de Loi d’orientation. Nous en voyons déjà la traduction dans les déclarations concernant la maternelle et la scolarisation des « tout-petits » ou encore sur la formation professionnelle.

Or, examinons ensemble ce que sont les caractéristiques de notre département pour mieux en cerner les besoins.

La prochaine rentrée sera placée sous le double signe : de la poursuite de la hausse démographique et de la poursuite de l’augmentation des effectifs scolarisés dans l’enseignement public ...

 poursuite de la hausse démographique : + 2 529 élèves scolarisés depuis 1996, soit une progression de + 9,72 % sur ces 8 dernières rentrées. Dans ce contexte de hausse démographique, c’est l’école maternelle qui affiche la progression la plus forte depuis 1998 : + 1 965 élèves, soit une progression de + 19,17 %.

 poursuite de l’augmentation des effectifs scolarisés dans l’enseignement public : La progression de l’enseignement public en pourcentage d’élèves scolarisés est une constante dans notre département depuis plusieurs décennies (41,56 % en 1975 ; 43,63 % en 1989 ; 48,14 % en 2003).

C’est à la lumière de ces caractéristiques que nous devons apprécier cette dotation de 31 postes pour notre département. + 585 élèves (soit une progression de + 2,05 %).

Après les dotations des deux années passées (+ 35 postes en 2003 pour + 641 élèves ; + 33 postes en 2002 pour + 634 élèves), cette nouvelle dotation est un élément positif qui marque la poursuite du rattrapage partiel des déficits des dotations des rentrées précédentes. Elle permettra d’atténuer des difficultés sans les résorber sur le fond.

C’est aussi un élément positif au regard des nombreux autres départements qui se voient retirer des postes alors qu’ils affichent des prévisions d’effectifs en hausse.

Au SNU-ipp 85, nous l’analysons comme étant avant tout le résultat des luttes des années passées dans notre département pour faire reconnaître les spécificités de la Vendée :
 dualisme scolaire
 hausse démographique
 progression de la part de l’enseignement public

Mais nous ne pouvons nous en satisfaire car cette dotation ne permettra pas d’apurer le contentieux des années passées ni d’enclencher les progrès indispensables à l’amélioration de l’encadrement dans les écoles.

Pourquoi ?

Parce que la sous estimation des prévisions et les dotations insuffisantes ont généré sur les dix dernières années des difficultés d’accueil et de conditions de travail pour beaucoup d’écoles. Cette situation a eu trois conséquences pour l’ensemble des écoles :

 la dégradation du P/E (passant de 5,40 en 1995 à 5,24 à la rentrée 2003) ;
 une hausse de la moyenne par classe (passant de 23,22 en 1998 à 24,11 à la rentrée 2003) ;
 le maintien de seuils élevés en primaire et le relèvement de 2 points des seuils en maternelle.

Entre temps, cette situation a été accentuée par
 la hausse démographique
 l’attractivité de l’école publique pour de nouvelles familles issues d’un flot migratoire important.

La très faible proportion d’ouvertures envisagées dans les écoles maternelles est une traduction immédiate du maintien de seuils élevés qui ne permettra pas d’améliorations dans de nombreuses écoles.

De plus, l’objectif affiché par Mr L’Inspecteur d’Académie d’assurer en priorité l’accueil des enfants de 3-6 ans au détriment de la scolarisation des 2 ans est en complète contradiction avec cette double réalité.

1) poursuite de la hausse démographique 2) augmentation des effectifs dans les classes maternelles.

Ce constat confirme encore une fois que ...
 la politique de limitation des effectifs est la négation même de cette double réalité incontestable dans notre département
 la maternelle est devenue un réservoir de postes dans une gestion comptable des postes et des moyens.

ZEP La scolarisation des 2 ans est préconisée par les textes sur les ZEP comme moyen de prévention de l’échec scolaire, or, cette carte scolaire risque de marquer en l’état une nouvelle étape dans le recul de la scolarisation des enfants de 2 ans, y compris en ZEP. (la part des enfants de 2 ans scolarisés en Vendée ne représente plus aujourd’hui que 53,65 % dont 29,75 % dans l’enseignement public). A la Roche sur Yon, la part des enfants scolarisés en maternelle est en hausse or une seule proposition d’ouverture de classe maternelle figure dans vos projets. Cela ne peut qu’aggraver les difficultés scolaires des enfants des milieux les plus modestes qui ont le plus besoin de bénéficier d’une scolarité précoce.

Malgré leurs efforts, les équipes enseignantes des écoles de ZEP risquent un essoufflement qui mettrait en cause la pérennité des projets. Un nouvel élan est absolument nécessaire. Des moyens nouveaux et supplémentaires sont indispensables pour soutenir le travail des équipes avec :
 plus de temps de concertation
 plus de maîtres que de classes.

Il est important que nos collègues se sentent accompagnés et aidés dans leurs projets pour mieux lutter contre la fracture scolaire. L’idée que l’éducation est une responsabilité partagée prend corps dans l’esprit de tous les partenaires. C’est pourquoi, nous plaidons pour que l’élaboration actuelle des nouveaux contrats de réussite puisse prendre appui sur un partenariat renforcé avec tous les partenaires dont le premier d’entre eux : les collectivités locales.

Les spécificités liées à l’insularité et qui avaient motivé le classement de l’île en ZEP sont aujourd’hui encore de notre point de vue totalement valides et pertinentes. Si la pertinence du maintien de ces écoles dans la carte départementale des ZEP peut être posée, elle ne doit pas remettre en cause la pertinence du maintien de la notion de priorité pour des populations scolaires très défavorisées.
  Nous sommes preneurs de la mise en place d’un groupe de travail qui réfléchisse sur la pertinence ou non du maintien du classement de ce territoire en ZEP et propose à un prochain CTPD d’autres solutions d’aide et de soutien que par redéploiement des moyens existants pour mieux répondre à ce public prioritaire.

Les Réseaux d’écoles et l’intercommunalité Puisque vous nous invitez à réfléchir à ce que serait le « bon niveau de traitement de la question scolaire » en proposant de placer à terme l’avenir des écoles sur le terrain de l’intercommunalité, nous souhaitons vous faire part de quelques éléments de réflexion :
 La rupture de l’isolement,
 La dynamisation de la vie locale,
 La mise en œuvre de projets communs,
 La mutualisation des moyens,
 La transformation de l’école et le développement du travail en équipe,
 Le nombre de directions vacantes Sont pour nous autant de préoccupations qui s’inscrivent dans notre volonté de voir transformer l’école. Ces pistes nécessitent de redéfinir le fonctionnement de l’école ainsi que les relations entre écoles, notamment des petites écoles.

Pour cela, il est nécessaire d’établir au préalable un cahier des charges national qui définisse les obligations pour toutes les collectivités et l’équipement indispensable au fonctionnement de chaque école. Ce cahier des charges servirait de cadre réglementaire avant toute mise en réseau.

L’intercommunalité, si elle peut favoriser la mutualisation des moyens, voire permettre l’accroissement des ressources des écoles, elle ne saurait résoudre à elle seule le problème des inégalités entre écoles et représenter l’unique réponse à la mise en réseau des petites structures. De plus, la mise en œuvre de la globalisation des moyens (L.O.L.F.) et des effectifs pourraient permettre, en cas de concentration des structures, des économies budgétaires sur le dos de l’école.

Les projets de décrets ministériels : 1) Création d’un statut juridique pour les réseaux d’écoles 2) Création d’un statut juridique pour les directeurs d’écoles nommés coordonnateurs, ainsi que l’expérimentation dès la rentrée 2004 à l’échelle de 600 Réseaux montrent bien les intentions de ce gouvernement.

Ces projets n’ont d’autre objectif que d’instituer à terme un statut de directeur d’école et de mettre en place des E.P.L.E. dans le premier degré. Le risque serait grand alors de remettre en cause l’autonomie pédagogique des enseignants et des équipes d’écoles.

Cette vision de l’école n’est pas la nôtre. Elle ne répond ni aux attentes de la profession, ni au besoin de développement de l’école publique.

Toute évolution de l’école (que ce soit sous la forme de Regroupements Pédagogiques Intercommunaux, que ce soit sous la forme de mise en réseaux ou de fusions d’écoles) doit respecter des principes forts : 1) ne pas servir une logique comptable des moyens pour favoriser des fermetures de postes ; 2) permettre à terme un meilleur accueil de tous les élèves et qui ne se fasse pas au détriment de la maternelle ; 3) préserver des structures de proximité et une taille d’écoles à échelle humaine en conservant l’identité des écoles existantes ; 4) toute démarche doit être volontaire et concertée, portée sur le terrain par les enseignants, les familles et les élus en s’appuyant sur des décisions de conseils des maîtres et d’écoles.

Ces objectifs prennent un relief particulier dans un département dont l’une des particularités est qu’une école sur deux est une école de moins de 4 classes (50,4 %).

Enfin, la déclinaison de vos priorités départementales aura pour conséquence que d’autres besoins resteront insuffisamment voire pas du tout satisfaits dans de nombreux domaines déjà fragilisés
 le remplacement des maîtres,
 la formation continue,
 l’adaptation et l’intégration scolaire,
 l’amélioration des conditions d’apprentissage partout pour les élèves Car, ces domaines ne trouvent pas ou trop peu de traduction dans vos propositions Monsieur l’Inspecteur d’Académie !

Au SNU-ipp 85, nous considérons que cette dotation doit permettre d’enclencher des améliorations qualitatives et quantitatives immédiates. Pour cela, vous devez donner des signes forts aux écoles et aux familles !
 en abandonnant la mesure de limitation des effectifs des enfants de 2 ans en maternelle ;
 en abaissant les seuils en maternelle comme en élémentaire ;
 en renforçant le réseau des écoles publiques (Boufféré, la Guyonnière, Chavagnes en Paillers, ...) ;
 au augmentant le volume de départs en stages AIS (35 postes vacants en 2003, 43 postes vacants à la rentrée 2004) ;
 au augmentant davantage le potentiel de remplaçants ;
 en dotant de maîtres supplémentaires les écoles de ZEP pour leur permettre de trouver un nouveau souffle et donner un nouvel élan au contrat triennal.

 

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