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6 mai 2020

Réouverture progressive : le SNUipp-FSU 85 interpelle la DASEN, le Préfet et les Maires de Vendée

Devant le nombre important de retours reçus des écoles du département, le SNUipp-FSU 85 interpelle la DASEN de Vendée, et informe le Préfet, les Maires, les IEN et la FCPE.
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Les délégué-es SNUipp-FSU 85 des personnels

à
- Madame l’Inspectrice d’Académie, Directrice Académique des Services de l’Éducation Nationale de la Vendée

copie à
- Monsieur le Préfet de la Vendée
- Mesdames et Messieurs les Maires de Vendée
- Mesdames et Messieurs les IEN de Vendée
- Conseil Départemental des Parents d’Elèves de la FCPE 85

Objet : « réouverture progressive » des écoles dans le cadre de la crise sanitaire

Madame la Directrice Académique,

Par ce courrier, nous tenons à vous alerter solennellement sur les conditions actuelles de préparation de la « réouverture progressive » des écoles dans le département de la Vendée.

Nous traversons une période aussi inédite que complexe. Depuis le début de cette crise sanitaire, malgré des conditions de travail dégradées et sous une pluie diluvienne d’annonces nationales, les personnels des écoles assurent de façon remarquable leurs missions de service public, en relation étroite et permanente avec collectivités locales et les parents d’élèves.

Le 13 avril dernier, lors de son allocution, le chef de l’État a inscrit la date du lundi 11 mai dans l’agenda de tous.tes les citoyen.es, déclenchant autant d’attente que d’anxiété.

Alors que la communication gouvernementale se veut rassurante, distillant des promesses de confiance envers les acteurs locaux, nous sommes sollicité.es depuis quelques jours par un nombre croissant d’équipes enseignantes qui nous alertent sur les injonctions paradoxales et les pressions qu’elles subissent au sujet de la « réouverture progressive » de leur école. Ici ou là, nous avons le même type d’informations qui nous parviennent de la part d’élu.es munucipaux.ales. De nombreuses équipes enseignantes nous font également part de questions légitimes restant sans réponse ou de réponses uniquement composées d’éléments de langage ânonnés par nos principaux.ales interlocuteurs.trices, en totale inadéquation avec l’urgence et la complexité des questionnements légitimes de nos collègues.

Dans la circulaire de M. le Ministre de l’Education Nationale en date du 4/05/2020, il est notamment précisé :
- La réouverture des classes « est subordonnée, d’une part, aux règles de confinement fixées par les autorités de l’État à l’échelle de chaque territoire, et, d’autre part, à la capacité effective des collectivités locales et des équipes éducatives d’assurer le strict respect des règles sanitaires définies par le ministère des Solidarité et de la Santé. »
- « Il est souhaitable, dans la mesure du possible, de procéder à une réouverture par niveau d’enseignement, en privilégiant, dans un premier temps, les classes charnières (grande section de maternelle, CP, CM2). »
- « La pré-reprise des professeurs des écoles a lieu le 11 mai. Elle peut être étendue au 12 mai en raison des circonstances locales à la demande des équipes pédagogiques. »
- « Les cours se déroulent en groupe comprenant au maximum 15 élèves dans le respect des règles de distanciation, de manière alternative et selon des modalités (un jour sur deux, deux jours consécutifs sur quatre ou une semaine sur deux) déterminées par les IEN et les chefs d’établissement en concertation avec les équipes pédagogiques. Ce plafond est de 10 élèves maximum pour les classes de l’école maternelle. »
- « Une information individuelle sur les conditions de la réouverture est délivrée à chaque famille, afin qu’elle puisse être pleinement rassurée et exprimer son choix en connaissance de cause. La décision des familles est valable jusqu’au 1er juin. »

Par ailleurs, les membres du gouvernement, à l’instar de M. le Président de la République, rappellent avec constance dans leurs interventions que si le cadre sanitaire défini par le ministère s’impose dans toutes les écoles de France, « le bon sens invite à ce que le rythme et les modalités du déconfinement s’adaptent aux spécificités de chaque territoire. […] La situation ne sera pas identique dans toutes les écoles de toutes les communes, dans toutes les classes d’un même niveau. » . Il est également rappelé que si les conditions ne sont pas garanties pour une réouverture le 11 mai, alors cette échéance sera reportée.

L’enquête que nous avons lancée auprès de nos collègues vendén.nes et que nous nous apprêtons à rendre publique montre que notre profession n’estime pas avoir subi de pression particulière de sa hiérarchie durant la première partie de la période de confinement. C’est un élément positif. Mais nous constatons une inversion subite et importante de cette tendance depuis le 30 avril.

Devant la somme des tâches à accomplir pour pouvoir à nouveau accueillir des élèves dans des conditions respectant un protocole tardif, les élu.es, directeurs.trices, équipes enseignantes, services municipaux sont sur le pont, malgré les week-ends et les jours fériés. Les pressions qui s’exercent localement sur elles et sur eux sont inacceptables, d’autant plus qu’elles sont la plupart du temps effectuées à l’oral, en contradiction avec la réalité des territoires et l’avis des membres de la communauté éducative, qui agissent avec lucidité, responsabilité et bon sens.

Voici les éléments majeurs qui remontent en nombre de la part de territoires bien différents, ce qui nous laissent penser que les IEN doivent subir des consignes fermes alors que les demandes exprimées par les acteurs locaux sont légitimes et permises par les cadrages nationaux.
- Un rythme d’accueil et des horaires imposés à l’école au mépris de l’avis du conseil des maitres et des membres de la communauté éducative au niveau local.
- Des pressions sur les Maires et les directeurs.trices pour accueillir la totalité des niveaux dès le 12 mai.
- Des pressions pour imposer une organisation de la première semaine d’accueil.
- Le refus du report de l’accueil des élèves les plus jeunes.
- L’absence de confirmation officielle des enfants à accueil en priorité (la dernière liste a été mise à jour le 13/03/2020 et depuis les annonces évoluent…).

Nous pourrions ajouter à cette liste non exhaustive les informations contradictoires qui insécurisent encore un peu plus les collègues. Nous avons d’ailleurs invité nos collègues à prendre la liberté de diffuser ou non le courrier à destination des familles que vous avez adressé aux écoles le 4 mai. Si vous rappelez la confiance que vous avez envers les personnels des écoles, nous vous en remercions car c’est en effet nécessaire, il apporte plus de confusion que de clarifications. En particulier, l’annonce d’une reprise le 12 mai et d’horaires échelonnés alors que ce ne sera pas le cas partout, l’annonce d’une possibilité de faire évoluer la présence de l’enfant alors que la directive ministérielle dit le contraire jusqu’au 1er juin. Les libertés données nationalement ne peuvent être mises sous cloche au niveau départemental.

Enfin, un nombre non négligeable de collègues enseignant.es et AESH nous contactent dans un état de stress et d’anxiété qui nous inquiète et qui n’est pas de nature à leur permettre de travailler normalement, a fortiori dans le contexte que nous connaissons toutes et tous. Nous n’accepterons pas que nos collègues se mette en danger pour une réouverture des écoles actée contre l’avis du conseil scientifique qui a écrit le 24 avril qu’il « propose de maintenir les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités fermés jusqu’au mois de septembre ».

Pour conclure, vous connaissez notre engagement pour le service public d’éducation, ses élèves et ses personnels. Les alertes que nous portons à votre connaissance dans ce courrier ne relèvent pas d’une posture mais se veulent un résumé de ce que nous recevons depuis quelques jours. Vous avez désormais la responsabilité d’apporter les ajustements et les clarifications qui s’imposent.

Dans l’attente de vos réponses, veuillez recevoir, Madame la Directrice d’Académie, l’expression de notre considération distinguée.

 

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