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6 novembre 2019

Education prioritaire : Rapport Mission Territoires et Réussite... la mort des REP...

Après plusieurs reports successifs, le rapport de la mission Azéma-Mathiot a été rendu public hier, mardi 5 novembre en fin de journée.

Comme proposé par la Cour des Comptes en 2018, puis par le rapport des sénateurs Roux et Lafon le mois dernier, pas de surprise : réduction du périmètre de l’éducation prioritaire, avec un renvoi aux académies de la gestion des établissements REP. La politique d’éducation prioritaire pilotée par le Ministère ne concernerait plus que les REP+. Il s’agit ni plus ni moins que de délabelliser des centaines d’établissement, dissimulé sous le prétexte d’une gestion locale, plus souple et proche du terrain.

Cela donne la main aux Recteurs pour construire "une carte" en fonction des moyens alloués aux académies, et non en fonction des besoins. En effet, les moyens dépendant de la cartographie des quartiers prioritaires ville (QPV), les Rep relèveraient des choix de priorité décidés par les recteurs dans le cadre de politiques territoriales régionales décidées avec les élus politiques. Un transfert de responsabilités majeures de l’Etat vers les collectivités...

De plus, le gouvernement poursuit sa logique de rémunération à la carte, sur la base du mérite, bien souvent dans le cadre de contrats d’objectifs. C’est à l’opposé de la revendication du SNUipp-FSU d’une revalorisation de toutes et tous prenant en compte le déclassement salarial subi pas les enseignant-es depuis trop d’années.

Mais le dossier est trop "sensible", et ne sera pas traité avant les élections municipales... et est reporté à la rentrée 2021...


En étudiant de plus près les différentes mesures évoquées dans le rapport, à l’échelle du département, une première analyse :
- mesure 1 : reconduite de la carte actuelle REP+ (non concernés dans le 85) jusqu’en 2022, puis mise en cohérence de la cartographie QPV et EP. En 2015, lors de la rencontre avec le Cabinet de la Ministre, il avait été évoqué que "la carte de l’EP n’a pas vocation à se superposer à celle de la politique de la ville"... Une telle mesure concernerait les écoles "orphelines" (pas de collège REP) de La Roche-sur-Yon, qui sont en QPV (Pont Boileau, Laennec, Jean Yole, Pyramides), et pose la question d’autres écoles dont les indicateurs sont relativement proches (Jean Moulin et Rivoli), mais aussi pour les écoles en REP, mais pas en QPV (Fontenay le Comte, Chaillé les Marais, La Châtaignerai) (le caractère rural du secteur de Chaillé et La Châtaigneraie relèverait de la mesure 3).

- mesure 2 : étendre le dédoublement des CP et CE1 aux écoles en QPV Même remarque que pour le mesure 1 concernant les écoles yonnaises en particulier (dédoublement), mais aussi de la REP de Fontenay (qui ne seraient pas en QPV, quid des dédoublements en place actuellement).

- mesure 3 : "sous réserve de la soutenabilité budgétaire"... étendre le dédoublement et/ou le plus de maîtres que de classes aux zones rurales présentant les indicateurs (secteurs de La Châtaigneraie et Chaillé les Marais).

- mesure 4 : la valorisation indemnitaire ne concernerait plus que les REP plus. En creux, cela sous-entend la disparition de l’indemnité pour les écoles en REP, et la dernière phase de la suppression pour les écoles sous CAPE (convention académique de priorité éducative).

- mesure 5 : le programme de formation ne concernerait plus que les REP+

- mesure 6 : même si cela ne concerne pas les collègues de Vendée, il est mentionné clairement que la revalorisation serait soumise à la participation à des formation hors temps scolaire ; les vacances sont-elles sous entendues ?

- mesure 7 : mise en place "d’agendas académiques territoriaux". Analyser les demandes et les besoins face à l’offre de formation locale, les moyens de transport, la sectorisation... Outre la territorialisation des moyens, comme nous le vivons dans certaines écoles pour les transports, cela donnera-t-il la main au conseil départemental sur d’autres aspects de l’éducation ?

- mesure 8 : la délocalisation des moyens. Dotation de postes, bonifications indemnitaires, ... seraient à la main des rectorats (et en priorité sur les postes connaissant des difficultés de recrutement).

- mesure 9 : "développer une politique d’association de l’enseignement privé sous contrat aux politiques de mixité et de cohésion territoriale". Dans un département comme la Vendée, cela signifie donner des moyens supplémentaires (après l’instruction obligatoire à 3 ans) aux écoles privées. Des moyens qui ne seront donc pas attribués aux écoles publiques. Le privé ne jouant pas sa partie au niveau de l’enseignement spécialisé (la moitié des élèves du département, mais un tiers des élèves d’ULIS), la carotte financière l’incitera-t-elle en ce qui concerne l’éducation prioritaire ?

- mesure 10 : la délocalisation des moyens (la suite).

- mesure 11 : la suite des mesures 7 et 8...

- mesure 13, 14 : identifier les écoles non attractives, et valoriser les affectations. Cela existait déjà pour le département (avec des bonifications pour le mouvement). Quid avec les modalités catastrophiques du mouvement depuis cette année, et qui ne sera même plus soumis à la CAPD pour la rentrée prochaine ?

- mesure 15 : "substituer à l’actuel dispositif indemnitaire de la Rep, un dispositif finançant, par exemple, une prime d’installation pour l’affectation à titre définitif sur ces postes non attractifs".

- mesure 16 : recours accru à la contractualisation

- mesure 17 : mise en place de certifications ("multi-âges, allophones"). Avec régime indemnitaire spécifique. La rapport évoque une certification enseignement en classe multi-âge : la majorité des écoles de Vendée ayant 3 classes ou moins, cela concernerait un grand nombre de collègues...

- mesure 18 : "Déployer des politiques académiques volontaristes pour harmoniser le taux de recours aux bourses et l’usage des fonds sociaux." Bel affichage, deux semaines après avoir réduit de moitié les moyens attribués aux fonds sociaux dans les établissements...

- mesure 20 : "Mieux prendre en compte les incidences des transports des élèves sur leur réussite et leur parcours." On l’a vécu dans le département à l’époque du calendrier spécifique à 4 jours : les transporteurs décidaient main dans la main avec le Conseil Général des ponts ou autres décalages des transports (en commission à l’inspection académique...). On le vit aujourd’hui avec les circuits de ramassage qui favorisent clairement les établissements privés (les enfants fréquentant les collèges publics partent plus tôt et rentrent plus tard que ceux fréquentant les établissements privés), même si les ouvertures récentes de collèges publics ont atténué ce phénomène.

- mesure 24 : " la mission préconise d’intégrer aux agendas académiques de priorisation territoriale un volet relatif aux objectifs et critères d’adaptation du maillage des écoles et des collèges afin d’adapter le réseau des écoles et des établissements. Cela concerne notamment le monde rural mais aussi le réseau des petites et moyennes villes, et permettrait de développer des formes originales d’organisation à l’appui de la qualité de l’offre scolaire ; d’ajuster aussi les moyens des écoles et établissements à la difficulté sociale et territoriale et d’assurer enfin la qualité de l’offre enseignante devant élèves." Une façon d’évoquer beaucoup de choses : regroupement d’écoles ? Grands groupes scolaires ? Etablissements des savoirs fondamentaux ?


Le rapport est annexé à cet article et disponible sur le site du MEN

 

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