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28 janvier 2019

Evaluations CP : c’est non !

Sourd aux remarques et aux propositions des enseignants, le ministère entend engager fin janvier une nouvelle phase d’évaluation dans les classes de CP, calquée sur la première et tout aussi sujette à caution. Pour le SNUipp-FSU, c’est toujours non.
PROPOSITIONS DU SNUipp-FSU
- Prenez le temps d’en parler en équipe ; c’est toujours mieux de partager l’analyse de la situation, et faire en sorte que la décision de non passation soit prise le plus collectivement possible. La mesure « 100% réussite » de JM Blanquer a déjà trop tendance à couper les collègues de CP et CE1 des autres enseignants de l’école : renforçons, au contraire, notre collectif de travail !
- Vous pouvez adopter la motion ci-dessus en la modifiant autant que nécessaire selon votre analyse. Ne l’envoyez pas, pour l’instant aux IEN : adressez-la à la section départementale du SNUipp-FSU, qui ne la transmettra à la DSDEN qu’après la date limite de saisie des évaluations.
- En cas de difficulté ou pression, contactez la section du SNUipp-FSU 85

Motion du conseil des maîtres

Le conseil des maîtres de l’école …, réuni le …, constate que pour la 2ème phase des évaluations nationales standardisées, le ministère n’a apporté que de faibles aménagements par rapport à la 1ère phase très problématique. En lecture, les évaluations poussent nos collègues de CP à concentrer les apprentissages sur la phonologie et la fluence incitant à délaisser le travail fondamental sur le vocabulaire, la compréhension de textes, l’écriture sous toutes ses formes, l’entraînement à la narration orale et l’entrée dans la culture de l’écrit. Les exercices de rapidité installent un malentendu lourd de conséquence pour nos élèves : lire ce n’est pas faire des sons le plus rapidement possible, lire c’est comprendre. En mathématiques, la droite numérique est de retour, alors même que d’illustres chercheurs en contestent la pertinence, quid de la décomposition ?

Ces évaluations ne sont d’aucune aide pour mieux connaître les élèves mais leurs résultats ont été utilisés publiquement par le ministre pour discréditer l’école. Nous refusons que les réponses à des tests cognitifs servent à évaluer d’une manière ou d’une autre le travail des enseignants ou mettent les écoles en concurrence. Nous n’avons pas non plus de garanties suffisantes sur la confidentialité des données saisies concernant les élèves.

Compte tenu de tous ces éléments, le conseil des maîtres s’oppose à la passation des évaluations telles qu’elles sont prévues.


Le ministère a relancé les écoles en ce début de semaine pour annoncer la deuxième salve de passation des évaluations nationales CP, dont la passation doit s’étendre du 21 janvier au 1er février.

Pas de changement de cap

Le ministère poursuit donc son déploiement d’une culture de l’évaluation et ce, malgré les nombreuses critiques formulées par la profession quant à la pertinence, la fiabilité et l’utilité des évaluations proposées. Il continue de présenter les évaluations de début d’année comme un outil qui aurait permis aux enseignants d’avoir des repères pour accompagner les élèves. Or le SNUipp-FSU a fait part au ministère à plusieurs reprises de nombreux problèmes que cela soit sur le contenu, la passation, la saisie, la remontée des résultats, le rendu aux familles et les remédiations proposées sur Eduscol et l’inutilité de celles-ci dans la réalité de la classe. De fait, le dialogue social est de façade. Le ministère prend note des éléments qui lui sont apportés mais n’en retient que très peu ou pas du tout. Il n’hésite pas, par contre, à se référer à son questionnaire en ligne auquel auraient répondu 20 000 enseignants, continuant ainsi à nier le rôle des représentants des personnels.

Des modifications à la marge suite au rejet unanime de la profession

Si le ministère poursuit sa route, néanmoins il ne peut nier les difficultés auxquelles ont été confrontés les enseignants lors de la première phase : items trop nombreux, temps de passation non adapté et saisie chronophage… Nos nombreuses interventions que cela soit auprès du ministre, dans les instances, les médias et les réseaux sociaux, ont permis quelques bougés : la reconnaissance du fait que les temps indiqués ne sont pas les temps réels de passation, la diminution du nombre d’exercices, la mise à disposition d’une version adaptable pour les élèves à besoins spécifiques, une conception différente du document remis aux familles reposant sur les acquis déjà en place sans aucune mention de score mais avec la possibilité ou pas d’y intégrer les propositions de soutien.

Quel but poursuit le ministère ?

Ces aménagements, à la marge, ne remettent pas en cause la finalité de ces évaluations. Ces modifications de forme ne permettent pas de modifier le fond de ces évaluations qui ne seront pas plus au service des élèves et des enseignants que les premières. Ainsi, le ministère confirme sa volonté de déposséder les enseignants de leur analyse, ce qui renforce la dimension de notre mise sous tutelle.

Roland Goigoux remarquait d’ailleurs que ces évaluations « montrent seulement que 23% des élèves échouent à un exercice très contestable » en début d’année de CP…

Alors on continue ?

Le SNUipp-FSU continue de dénoncer ces évaluations qui ne sont là que pour permettre au ministère d’imposer des méthodes qui n’ont pourtant pas fait leurs preuves et pour évacuer toute autre approche. La menace d’un pilotage par les résultats, qui conduira à une école de la performance et de la concurrence, se renforce.

Des évaluations et après ?

A nouveau aucune mention du temps qu’impliquent ces évaluations sur le temps de travail des enseignants. Et surtout, le ministère confirme sa volonté de les déposséder de leur analyse, ce qui renforce la dimension de mise sous tutelle des enseignant-es. Des formations sont d’ailleurs annoncées dans le prolongement de ces évaluations.

Le SNUipp-FSU est d’ores et déjà à l’origine d’un courrier commun (SE-UNSA, SNUipp-FSU, SGEN, FO, CGT, Sud Education) qui réclame l’abandon de ce protocole d’évaluations.

Dès aujourd’hui, le SNUipp-FSU appelle tous les enseignants à s’interroger collectivement sur la finalité de ces évaluations et du rôle que le ministère entend leur faire jouer. A cette fin, ci-dessous, un dossier dédié pouvant servir à vos échanges en conseil des maîtres, car ces évaluations et leurs finalités sont l’affaire de toutes et tous. Quelle école voulons-nous ? Une école émancipatrice ou une école qui restreint l’accès à la compréhension et qui de fait continuera à augmenter les inégalités scolaires reproduisant ainsi les inégalités sociales ? Des enseignants concepteurs ou réduits au rôle d’exécutant ?

STRESSANTES POUR LES ELEVES, CHRONOPHAGES, INADAPTEES… INSTRUMENTALISEES…
Le SNUipp-FSU appelle à ne pas faire passer ces évaluations !
A ne pas aller chercher les évaluations au collège
A prendre cette décision au sein du conseil des maîtres (sans en informer son IEN)

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"Évaluer ? Aux enseignants de décider !"

 

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