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27 février 2016

La Ministre de l’Education Nationale en Vendée : le SNUipp et la FSU en audience

Une délégation de la FSU 85, et plus tôt du SNUipp, ont été reçues ce jeudi 25 février 2016 par des conseillers de la Ministre de l’Education Nationale, en visite en Vendée.
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Dans la continuité de nos actions, et après le déplacement en octobre au ministère pour porter la problématique de l’éducation en Vendée, le SNUipp-FSU 85, dès qu’il a appris la venue de Najat Valaud Belkacem, a immédiatement demandé (auprès du la Préfecture et du Ministère) à être reçu en audience pour rappeler les réalités de l’école publique en Vendée et insister de nouveau sur les difficultés et les besoins pour permettre l’amélioration des conditions d’apprentissage de nos élèves et de travail des enseignants.

Nous avons ainsi obtenu 2 audiences.
Le première audience, accordée au SNUipp 85, a été dédiée au premier degré (à Benet).
La seconde l’après-midi (à La Roche-sur-Yon), accordée à la FSU 85, avait pour objet d’aborder plus généralement l’éducation en Vendée, audience à laquelle ont été associées CGT Educ’Action, SUD Education et l’UNSA Education.


Une première audience à l’initiative du SNUipp

Les participants à la première audience (Benet, 10h15-10h45) :
- M Prévost, conseiller social et vie étudiante,
- M Charpentier, secrétaire général DSDEN85
- Jean-Jacques Bobin, Pierre Caminade, Michio Kurata, SNUipp-FSU85

Nous avons abordé les points suivants, après avoir remercié M Prévost de nous accorder ce temps d’échange.
Nous rappelons d’abord le contexte général de la Vendée et le dualisme scolaire.
Le nombre d’enfants scolarisés dans le public ayant progressé régulièrement pendant 20 ans pour finalement passer devant le nombre d’enfants scolarisés dans le privé il y a 5 ans... avant de voir le privé repasser devant au moment de l’instauration des rythmes scolaires...
Pourtant le dualisme n’est pas valable pour tout : le public accueille 70% des enfants relevant du champs du handicap.
La Vendée est un département rural, la ruralité accentuant le dualisme.
Autre caractéristique de la Vendée : les seuils d’ouverture ou de fermeture le plus haut de France.
M Prévost fait remarquer qu’avec les postes attribués les deux dernières années (37) malgré la baisse du nombre d’élèves, le P/E (nombre d’enseignants pour 100 élèves) a progressé et se situe dans le moyenne haute de l’Académie.
Le SNUipp-FSU85 reconnait cette évolution, qui n’est cependant pas visible dans les faits. En effet, cet élément d’analyse P/E ne peut être la seule entrée : il faut toujours plus d’élèves par classe en Vendée qu’en Sarthe ou en Loire Atlantique (qui ont un P/E moins favorable) pour ouvrir une classe.
Exemple : ouverture de la 5ème classe élémentaire dans le 44 à 108 élèves (fermeture à 104), à 115 (fermeture à 108) en Vendée ; en Vendée on ferme la 5ème classe quand on l’ouvre en Loire-Atlantique.
Il faut par ailleurs aussi rester souvent plusieurs années à proximité du seuil, donc souffrir en classe, avant d’ouvrir... et d’être immédiatement avec l’épée de Damocles de la fermeture au-dessus de la tête...
M Prévost partage cette notion de spécificité
Il réaffirme la priorité donnée au 1er degré, qui prend en compte les spécificités locales, comme pour l’éducation prioritaire avec l’aspect insulaire de l’Ile d’Yeu par exemple.
Le travail sur l’allègement des charges administratives pour les directeurs (nota : il y a un groupe de travail départemental mis en place) relève de la même logique, tout comme le plus de maîtres que de classes.

Le SNUipp-FSU85 prend acte, mais relève que sur cette question de charges administratives des directeurs, la Vendée dispose de 0 (zéro) aides à la direction, quand la Loire-Atlantique en a 350 (trois-cent-cinquante) !
M Prévost ne peut pas laisser dire qu’il n’y a aucun effort de fait.
Le SNUipp85 prend acte. Si la baisse des effectifs d’enseignants a été effectivement stoppée, le SNUipp rappelle le ressenti des professeurs : les annonces multiples faites sur la priorité au primaire ne sont pas visibles sur le terrain.
L’exemple du "Plus de Maîtres que de Classes" est frappant : 7 pour l’ensemble du département. Moins d’un par circonscription. Sans aucun doute un dispositif qui fonctionne très bien, mais qui concerne 2% des écoles...
De même avec dispositif de l’accueil des moins de trois ans (un enseignant dans le département),
Si l’intérêt de ces dispositifs est évident, ils ne répondent pas à l’urgence de nombreuses écoles au seuil trop élevé, et où les conditions d’apprentissage sont compliquées. Pour illustrer le propos, nous prenons l’exemple de l’école de Chaillé-les-Marais, qui entre en REP cette année, et où les collègues ont, du fait de la baisse des seuils, immédiatement ressenti une amélioration de leurs conditions de travail et de la qualité de leur travail, donc avec un effet totalement bénéfique pour les élèves.
M Prévost précise qu’il ne peut pas y avoir de REP et de seuil REP partout...

Le SNUipp présente ensuite l’aberration de l’abandon de la REP à La Roche-sur-Yon.
3 cartes sont présentées, une avec les quartiers prioritaires yonnais (Pyramides-Jean Yole, Zola-Liberté, Pont-Boileau, quartiers établis par le Ministère de la Ville de Mme Belkacem), une seconde avec les quartiers et les écoles et collèges yonnais (insistant sur les 4 groupes scolaires en quartiers prioritaires).
Une troisième avec les quartiers prioritaires et les écoles et collèges REP (aucun, donc).
Le SNUipp85 a rappelé que le choix de la mixité sociale dans les collèges était ancien et qu’il était aujourd’hui payé chèrement par les écoles yonnaises.
M Prévost assume les choix fait par le Ministère de concentrer les moyens sur moins d’établissements, et qu’il a fallu faire des arbitrages.
Le SNUipp85 indique que ces choix se traduisent par des écoles aujourd’hui en REP qui ont des indicateurs plus favorables que des écoles qui en sortent.
Le secrétaire général fait valoir que 8 écoles ont signé les CAPE qui garanti les moyens.
M Prévost rappelle cette garantie.
Le SNUipp rappelle que cette garantie s’arrête dans deux ans... et sa vive inquiétude pour les deux écoles n’ayant pas signé.

Le SNUipp-FSU85 aborde ensuite la problématique des moyens de remplacement (une vingtaine d’enseignants non remplacés aujourd’hui sur le département) et la question du dialogue social.
Nous rappelons avoir demandé le 28 janvier un groupe de travail politique concernant la carte scolaire, pour discuter les orientations stratégiques de l’utilisation des 22 postes alloués à la Vendée, demande restée sans réponse.
Le SNUipp-FSU85 a eu un certain nombre d’informations par des élus du département (avec des craintes sur certaines écoles), mais aucun échange avec la DASEN malgré les demandes répétées depuis novembre (nota : nous apprendrons lors de l’audience de l’après-midi le passage de 7 à 13 "Plus de Maîtres Que de Classes", information mise en ligne par le Journal du Pays Yonnais en fin d’après-midi...).
Le SNUipp termine l’entretien en abordant la question des RPI, avec en particulier les moyens de décharges de service des directeurs : un RPI avec 3 classes sur un site, et 2 classes sur un autre n’a aucune décharge de direction (pas considéré comme une école 5 classes donc). Mais pour ouvrir une classe supplémentaire, elle devra remplir les conditions d’une école 6 classes.

M Prévost affirme avoir entendu le message, et rappelle l’attachement du Ministère à l’emploi.
Il indique qu’il ne faut pas ignorer les acteurs qui font l’école, et que les transformations ne peuvent se faire sans les personnels.
Il annonce enfin qu’il faut des résultats sensibles et que l’accent des mesures futures sera mis sur les personnels, et que les problématiques indemnitaires et indiciaires, si elles ne sont pas essentielles dans l’exercice du métier, ne peuvent être ignorées.

Le SNUipp-FSU 85 a remis un dossier complet à destination de la Ministre, illustrant le contexte vendéen.


Une seconde audience intersyndicale, à l’initiative de la FSU

Les participants à la seconde audiences (La Roche-sur-Yon, 13h45-14h35) :
- Mme Cagé, conseillère en charge du second degré, des programmes et de l’évaluation des élèves (nota : elle fait partie de l’équipe qui a élaboré la réforme du collège)
- Mme Bazzo, DASEN 85
- M Charpentier, secrétaire général DSDEN85
- M Caminade, M Clochon, M Kurata, FSU85
- M Poupet, SUD
- Mme Drouvot, CGT
- Mme Kabalu, M Duranteau, SE-UNSA

Il a été convenu que chaque organisation apporterait sa contribution tout au long de l’audience, avec des apports spécifiques.

La FSU remercie Mme Cagé pour cette audience, et regrette une nouvelle fois de ne pas avoir pu échanger, même sur un temps très court directement avec Madame la Ministre.
Nous comprenons que son temps soit compté, mais outre le fait de ne pas l’avoir rencontré, nous déplorons qu’elle n’aie pas rencontré l’ensemble des collègues des établissements "visités", ne serait-ce que pour les saluer.
De même, pour les élèves, la visite d’un Ministre dans les classes aurait été un symbole.
Enfin, nous regrettons que le directeur de la maternelle de Benet, seul représentant de maternelle et seul élu du personnel, n’ait finalement pas pu assister à la table ronde du matin.

La FSU revient une nouvelle fois sur les difficultés concernant le dialogue social évoqué la matin avec M Prévost, reprenant succinctement les éléments.
De même concernant les moyens alloués au département, rappelant que la rentrée à venir serait la dernière préparée et vécue par le Ministère actuel, et remettant les 1200 cartes pétitions recueillies à ce sujet.
La FSU rappelle également la question des seuils, rappelant que la baisse des seuils est un symbole qui doit venir en premier afin de donner sens aux autres dispositifs.
Mme Cagé nous apprend le passage à 13 postes de maîtres surnuméraires.
La FSU relève une nouvelle preuve de manque de dialogue social, puisqu’il fait attendre la visite de la Ministre pour avoir cette information par son cabinet.
Nous ne demandions pas depuis le mois de novembre que des réponses politiques sur l’utilisation envisagée des moyens alloués.

L’UNSA est en accord avec les propos de la FSU concernant les seuils.

SUD Education évoque les remontées de fiches RSST qui dénotent une souffrance au travail dans le 1er degré.

La FSU revient sur la notion de dualisme scolaire sur le département, et demande de la Ministre le même rappel à la Loi qu’elle l’a fait dans d’autres circonstances, comme l’Etat a pu le faire par le passé pour l’école de La Merlatière ou le collège d’Aizenay, pour les communes de La Boissière de Montaigu et de Maché.

SUD rappelle qu’il n’y a qu’un médecin de prévention, pas à temps plein, sur le département, et qu’il n’a pas les moyens de remplir ses missions de suivi ou d’accompagnement à la reprise après de longues périodes d’arrêt.
SUD demande la mise en place d’un corps de préventeurs pour épauler les équipes de direction (qui ne sont pas formées à cette problématique).
Enfin, l’organisation regrette le recul de démocratie sociale au niveau des CA des établissements avec la restriction des droits des CA.

La CGT évoque des questions second degré.
La réforme des collèges est rejetée par les personnels et la quasi totalité des organisations syndicales.
La CGT demande un bilan du passage des bacs pros à trois ans, et relève un dysfonctionnement parmi d’autres : comment trouver des périodes de stages ramassées sur 3 ans au lieu de 4 ?
Concernant l’apprentissage, elle rappelle les difficultés d’organiser des apprentissages cohérents dans des classes avec un public très divers et qui change presque quotidiennement (apprentis, stagiaires, 1ère passerelle, stages d’observation, ...). Cela constituant des difficultés dans les conditions de travail, qui reviennent à ne pas donner les moyens aux élèves pour réussir.
Pour toutes ces questions, nous attendons des réponses concrètes.
Mme Cagé ne répondra pas sur les aspects pédagogiques.
Elle rappelle qu’il y a eu plus de poste créés sur la Vendée depuis 2012 avec un nombre d’élèves qui n’a pas évolué, que les 88 postes créés pour plus de 1700 élèves supplémentaires les 5 années précédentes.
Elle rappelle la mise en place de l’ISAE.
Elle annonce la construction d’un bilan partagé sur la réforme des lycées et des bacs pros, avec la création de groupes de travail enseignants, parents et lycéens.
Concernant le dualisme, elle indique que la Ministre souhaite avancer dans le dialogue et la concertation et que les maires font ce qu’ils souhaitent, que cela ne relève pas de la compétence de l’Education Nationale seule.
La FSU précise que le dualisme ne se limite à ces questions d’ouvertures ou de fermetures, outre les questions d’étique républicaine. Il y a également la question des cartes de formation : beaucoup de formations ne sont disponibles que dans le privé. Et ce pont relève directement de la compétence du Ministère de l’Education Nationale.
La FSU évoque enfin les conditions de travail dégradées des personnels administratifs, notamment les secrétaires d’IEN ou de chefs d’établissements qui sont particulièrement isolés. Ces personnels, dont un certain nombre est rémunéré au SMIC, méritent une meilleure reconnaissance. Ils se trouvent en permanence entre les difficultés rencontrées par les enseignants et les absences de réponses de la hiérarchie.

L’audience se termine à 14h40.

 

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