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15 janvier 2015

Education Prioritaire : Comité Exécutif du RRS du 12 janvier, compte-rendu


Personnes présentes
- Les directeurs des 10 écoles du RRS
- Un ou deux représentants de parents de chaque école
- Équipe de circonscription
- Représentants de la Mairie : Mme Fagot et Mme Staub, M Prieur et Mme Mercier.
- Principaux des collèges ou adjoints (Renoir excusée)
- RASED Jean Yole
- Secrétaire CHSCT Education Nationale


M Morin annonce avoir modifié l’ordre du jour.
Il fera un bref rappel de l’historique de la situation, puis donnera la parole à chacun (directeurs et parents d’élèves), puis aux autres personnes présentes (« experts » : psychologue scolaire, secrétaire CHSCT, principaux ou adjoints des collèges).
Mme Fagot, représentante de la Mairie, devant quitter la séance, s’exprimera juste après M Morin.


Présentation de M Morin
La situation est compliquée ; il a accompagné la création, les soubresauts, les définitions, les redéfinitions, les relances, les redécoupages, … L’idée maîtresse restant de donner plus à ceux qui ont le moins.
Il ne sait pas de quoi sera fait notre avenir (pour le moment, c’est une sortie de l’éducation prioritaire).
Il dit comprendre les inquiétudes, les amertumes, les colères, et que nous sommes dans une situation où, même s’il y a des dérogations, l’absence de collège en REP nous fait sortir de la REP.
Cette absence « nous a fait disparaître des écrans radars ».
Il est fier du travail accompli avec l’ensemble des personnes présentes, avec qui de très nombreux défis ont été relevés.
Dans une période où l’union nationale s’est manifestée, nous savons que dans nos quartiers cette union se construit partout, par petites touches, école par école.
« Tant que je serai là, on ne touchera pas aux acquis qui sont les nôtres. Je l’ai écrit, j’ai expliqué qui nous étions, ce que nous faisions. »
Maintenant, « nous sommes dans une situation où le dossier est dans les mains des politiques (élus de la ville de La Roche-sur-Yon, députés, …), dans une contexte de très forte pression. »
Les moyens que nous avons n’ont pas été demandés initialement ; ils sont venus au service d’une politique.
« Je demande que nous réfléchissions ensemble dans le cadre de ce qui a été fixé dans les courriers adressés aux écoles ».
Les réponses apportées ne sont pas négligeables. Il y a des espaces publics de contestation, à travers les élus, quelles que soient leurs couleurs politiques, les organisations syndicales, les fédérations de parents.
« Nous sommes ici pour réfléchir ensemble sur ce qui fait le fondement de nos actions, ce sur quoi jamais nous ne lâcherons, quel que soit le cadre dans lequel nous travaillerons, même si ce cadre nous n ‘en sommes pas décideurs. »
« Nous avons l’assurance que pour 3 ans, rien ne changerait. Les choses peuvent paraître insuffisamment assurées, mais nous ne pouvons pas demander plus que ce qui est en place.
« Les enjeux de mixité, de vivre ensemble, d’accueil des différentes communautés imposent une vigilance particulière et il est légitime d’attendre des assurances quant aux moyens mis en place. »
« Les conventions nécessiteront que les choses soient précisées » (outre les seuils : accueil des moins de trois ans, formation spécifique, coordination) : « dans les jours à venir, les Conseils d’École doivent regarder finement quels sont les incontournables justifiant que tel ou tel moyen soit garanti. »
« Il faut prendre les courriers aux mots : dans le cadre d’une convention, écrivez ce qu’il manque, ce qui doit être éclairci ».
Pour paraphraser La Fontaine, il faut savoir être roseau plutôt que chêne.


Prise de parole de Mme Fagot, représentant la Mairie de La Roche-sur-Yon
L’objectif de l’Éducation Prioritaire, c’est de compenser les inégalités.
Il y a un objectif chiffré : moins de 10% d’écart de réussite scolaire avec les établissements hors éducation prioritaire.
On annonce la suppression des écoles du RRS, on nous déclasse car il n’y a pas de collège de rattachement.
Pourtant le constat est clair : les conditions socio-économiques sur ces territoires sont inchangées. Les raisons qui ont justifié ce classement sont toujours les mêmes.
Nous avons une certitude : pour permettre la réussite des ces enfants, il faut des équipes éducatives formées, stables et soutenues, ainsi qu’un cadre propice aux apprentissages.
Nous condamnons cette politique gouvernementale qui décide arbitrairement qu’il y a des écoles gagnantes et des écoles perdantes.
Une chose nous uni tous : l’égalité des chances.
Là, on lui fait du mal.
Nous renouvelons notre souhait du maintien en Éducation Prioritaire, à moins que les les situations ne le justifient plus.
Nous demandons un engagement ferme et pérenne quant aux moyens des écoles Éducation Prioritaire .
On nous propose une mesure de sauvegarde. C’est bien. C’est mieux que rien. Mais c’est insuffisant.
L’ensemble des élus, de toutes les tendances, nous assurons notre plein soutien / nous assure de leur plein soutien ?.
Nous ferons le nécessaire pour assurer le maintien des moyens. »


Prise de parole des différents participants.

- Écoles Jean Moulin :
Le quartier est sorti des quartiers prioritaires, mais a été maintenu en éducation prioritaire.
La Convention, c’est mieux que rien, mais il manque énormément de précisions sur ces conventions.
Par ailleurs, les courriers sont différents pour toutes les écoles et n’évoquent pas la notion de réseau.
Nous souhaitons rester en REP.

- Écoles Jean Yole
Les critères retenus restent valables pour un maintien dans l’éducation prioritaire.
Il y a donc une incohérence entre la politique des quartiers prioritaires et celle de l’éducation prioritaire, d’autant plus incompréhensible que c’est la même personne qui était au commande dans ces ministères.
La Ministre qui a justifié sa refonte dans un soucis d’éviter les empilements.
Ses mesures prévoient déjà 5 statuts différents : ceux qui sortent de l’EP, ceux qui bénéficient des CAPE, ceux qui bénéficient de mesures dérogatoires, ceux en REP et ceux en REP+ !
Nous voulions rester en REP, d’autant qu’on a déjà perdu des moyens existants par le passé (assistant d’éducation, plus de maître que de classe –une partie de l’année passée).
Une convention école par école ne peut pas être satisfaisante, comment envisager un travail en réseau ?
Les parents sont très mobilisés. Ils veulent le maintien en éducation prioritaire et les mêmes conventions que celles accordées à Dijon par exemple.

- Écoles Laënnec
On nous dit qu’on ne peut pas demander plus que ce qu’on a : l’an dernier, nous avions le « Plus de Maîtres que de Classes » une partie de l’année. Pourquoi ne pas le retrouver ?
Nous avions les assistants d’éducation il y a deux ans.
La validation du Contrat d’Objectifs Scolaires est aussi une reconnaissance de notre travail ; pour autant, ni le Recteur, ni la DASEN n’ont jugé bon de le signer.
Nous ne comprenons pas que le courrier du Recteur ne nous parle que des seuils.
Sa dernière phrase faisant référence à la prime ZEP est blessante quant à nos motivations à travailler dans nos écoles.
Il y a également une incohérence entre une situation globale qui s’aggrave (avec l’entrée du quartier en quartier prioritaire en juin dernier), et une sortie de l’éducation prioritaire.
De plus en plus de parents évoquent la possibilité de changer les enfants d’école.

- Écoles Pont Boileau
La situation globale de l’école se détériore depuis plusieurs années. Il y a en parallèle la disparition des aide éducateurs, la multiplication du nombre de familles allophones, les difficultés d’orientation, …
La sortie de l’EP est une injustice et totalement incompréhensible. Les difficultés ne sont pas nécessairement comparables avec la région parisienne, mais peuvent l’être sans difficulté avec certains quartiers de Nantes.
Il y a beaucoup de différences entre les promesses orales et le contenu avéré des courriers reçus.
Le quartier a changé, le travail de l’équipe comme le travail fait au niveau de l’inspection ont été fructueux jusqu’à présent.
Mais la réalité de nos quartiers est douloureuse et ces (leurs ou les ?)réalités sociales se dégradent. L’école est la seule chance : la prise en compte de ces fragilités locales justifie notre demande de rester dans l’éducation prioritaire.
Les informations dont nous disposons sont floues ; « quand c’est flou, il y a un loup. »

- Écoles de Pyramides
Constat de régression sociale ces dernières années. De plus en plus d’inscriptions de familles monoparentales.
A ces difficultés s’ajoute la spécificité de l’accueil des enfants du voyage.
Si la situation n’est pas celle de la Seine St Denis, elle est plus difficile que la banlieue lyonnaise par exemple, ce qui justifie sans aucun doute le maintien en EP.
Le courrier du Recteur ne mentionne pas l’accueil des enfants de moins de trois ans.
La vocation de l’éducation prioritaire est de protéger les plus fragiles ; cette protection disparaît avec la sortie du RRS.
Si les écoles sortent des écrans radars en novembre 2014 du fait de l’absence de collège, malgré l’étiquette REP, il est certain que dans 3 ans nos écoles n’apparaîtront pas sur ces écrans radars !
Il est par ailleurs choquant de s’entendre dire qu’on ne relève pas de l’EP parce qu’on n’a pas de collège ou parce qu’il n’y a pas de données fiables nous concernant !
Contrairement aux affirmations de la DASEN, nous nous battons non seulement pour un projet pédagogique, mais aussi pour des moyens.


Réseau d’aide
Pas de constat qui permettrait de pencher vers une sortie de l’EP : les difficultés sont toujours les mêmes.
Et il est resté à ce niveau avant tout grâce aux moyens mis en œuvre !


Secrétaire CHSCT

Le secrétaire rappelle qu’il n’intervient pas comme il a pu le faire depuis le début du mouvement de contestation, mais strictement dans le cadre des Conditions de Travail.
Dois-tu être plus précis ?
Il a donc relevé à mesure des interventions (IEN et directeurs) les éléments relevant de cet aspect, et croisés avec les indicateurs de diagnostic des risques psychosociaux (RPS) édités par la Direction Générale de l’Administration et de la Fonction Publique en juillet 2014, suite aux accords sur la prévention des RPS de juillet 2013.
Cette grille comporte 31 items.
Première catégorie d’items, relevant « des exigences et de l’intensité du travail » : outre le volume horaire supplémentaire par agent (lié à la modification des « des rythmes scolaires »), le taux de rotation (turnover) est particulièrement important dans les écoles du RRS (conforme aux indicateurs EP de l’académie).
Seconde catégorie : exigences émotionnelles.
Les enseignants sont fortement touchés par ces items : contact avec un public en difficulté, et actes de violence verbale ou physique au travail émanant de personnes extérieures au service.
Ces deux items concernent particulièrement les enseignants des écoles des RRS.
Troisième dimension : le manque d’autonomie.
La « possibilité d’acquérir, de développer et d’utiliser des compétences », dans le cadre des formations spécifiques au RRS va disparaître. La « consultation des personnels sur l’évolution de leurs services »… le fait de ne pas avoir été consulté en amont des décisions (qui ne prennent pas en compte les situations des écoles), et de n’avoir appris les premières orientations qu’à travers un groupe de travail mis en place à la demande des organisations syndicales illustre parfaitement cet item.
Quatrième dimension : la mauvaise qualité des rapports sociaux et des relations de travail. « Travail en collectif inexistant » : à ce jour, le travail d’équipe de réseau est nettement remis en cause.
Cinquième dimension, la plus difficile pour les enseignants : les conflits de valeurs.
« Sentiment de contradiction entre le vécu au quotidien et ce qu’il serait nécessaire de faire », qu’on appelle la qualité empêchée : l’écart entre ce qu’on doit faire et les moyens donnés pour le faire…
« Inadéquation entre les convictions (éthiques) et le quotidien (sens du service public) »
Sixième dimension : l’insécurité de la situation de travail, « le sentiment de soutenabilité de son travail tout au long de sa carrière ». C’est-à-dire le sentiment de pouvoir faire ce travail toute sa carrière. Le turnover est un indicateur concernant déjà le RRS. Alors en cas de sortie du dispositif…
En cas de sortie, les difficultés risquent de se retrouver quelques années plus tard dans les collèges, et concerner les enseignants mais aussi les équipes de direction et d’encadrement.

10 items sur 31 sont déjà relevés à travers les échanges de ce soir…


L’équipe de circonscription
Isabelle : de tout cœur avec l’ensemble des acteurs pour le maintien en RRS
Catherine : je comprends les sentiments et les inquiétudes.
Mme Bulteau : à notre écoute, seule chose qu’elle puisse faire.
Caroline : je connais bien le RRS ; je suis amère, en colère, en particulier par la manière dont cela a été annoncé. Je partage l’avis que ce courrier est insuffisant, et qu’il faut continuer à se battre pour maintenir le RRS.


Principaux de collège
- Gondoliers : les nouveaux textes interrogent. Étonnée par les compétences des enfants qui arrivent en 6ème. Soutien des actions mises en place.
- Haxo : nos élèves contribuent à cette mixité sociale, même s’il faut parfois mobiliser plus les équipes pour certains. Il faut se tourner vers l’avenir, et les faire réussir dans les meilleures conditions possibles.
- Herriot : M Vannier remercie les intervenants. Il lance un « je suis le RRS » : un RRS basé sur le premier degré n’existe pas pour le moment. Il faut être force de proposition, donc s’il y a besoin d’une structure 2d degré porteuse, pourquoi pas Herriot. D’autant que nous bénéficions du travail réalisé en RRS.


Conclusion de M Morin
Le cadre dans lequel vous pouvez intervenir pour faire remonter les informations est le Conseil d’École.


Le compte-rendu officiel de M Morin est disponible depuis le 20 janvier, joint à ce compte-rendu.

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