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11 décembre 2014

Education Prioritaire : la lettre de la Ministre, analyse du SNUipp-FSU85

Le courrier de Madame la Ministre en réponse aux doléances portées par Mme Bulteau, députée de la Vendée, le 3 décembre dernier (voir le compte-rendu).

Madame Bulteau a rencontré la Ministre hier, mardi 9 décembre, et lui a remis le courrier suivant.

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CourrierRéponseMEN

Il pourrait être interprété comme une avancée : il annonce le fameux regard bienveillant déjà évoqué lors de la rencontre avec Madame la Directrice Académique, mais cette fois-ci au niveau du Ministère, par les Recteurs.

Nous ne connaissons pas encore (jeudi 11 décembre, 7h) la réaction de Madame Bulteau : considère-t-elle ces propositions comme une avancée, ou fait elle partie de ces députés qui souhaitent un moratoire pour la carte de l’Education Prioritaire ?

En lisant ce courrier de façon plus approfondie, voici les principales interrogations qu’il pose...

Analyse de texte...

"L’inégalité face à l’éducation est forte et elle s’est accrue lors des dix dernières années. La difficulté scolaire est aujourd’hui concentrée sur certaines écoles et sur certains établissements, où les élèves sont le plus souvent issus de familles défavorisées. C’est pourquoi il était impératif d’engager un plan sans précédent pour refondre l’éducation prioritaire"
Nous ne pouvons que partager ce triste constat.
Confirmé par les rapports OCDE de ces deux dernières années confirmant que l’école française accentue les inégalités !

"Suite aux assises de l’éducation prioritaire qui se sont tenues dans les académies à l’automne 2013, il a été établi qua la cartographie des établissements relevant de l’éducation prioritaire devait être actualisée en fonction d’un indice social calculé à partir de différents critères objectifs de difficultés important la réussite scolaire (...). Ce nouvel indice social permet d’identifier de manière plus juste les établissements qui nécessitent des moyens supplémentaires pour offrir à leurs élèves les mêmes chances de réussite."
Nous ne reviendrons pas sur les modalités de consultation des collègues pour les Assises (pas de temps de concertation pour les équipes, ...).
Sur le fond, c’est un choix de méthode.
Pour rappel, Mme Belkacem, Ministre de la Ville, a établi une liste des quartiers prioritaires basée uniquement sur des critères sociaux. Pour La Roche-sur-Yon, Pyramides/Jean Yole, Liberté/Zola et Pont Boileau sont identifiés quartiers prioritaires.
Les communes de moins de 2500 habitants ne sont pas étudiées.
Première difficulté : même si la pertinence des indices peut être discutée (retard à l’entrée en 6ème par exemple), la principale critique est la prise en compte des collèges uniquement.
Les écoles ne sont pas envisagées.
Même dans les quartiers prioritaires !

"La réforme de l’éducation prioritaire a été préfiguré à la rentrée scolaire sur 102 réseaux (...). Les recteurs sont chargés de conduire avec les élus et les parlementaires une consultation qui soit au plus près des réalités du terrain sur la base de l’indice social et du contingent que leur académie a reçu."
Ceci constitue le coeur même de notre désaccord.
En premier lieu, il n’y a eu aucune consultation des élus ou des parlementaires.
C’est le SNUipp-FSU85 qui a pris contact avec le Maire de La Roche-sur-Yon et avec les députés des circonscriptions concernées pour les informer de la situation !
Mais surtout, la Ministre écrit noir sur blanc que tout se fera "au plus près du contingent reçu" (1082 réseaux pour la France entière).
Il y a bien définition d’une enveloppe AVANT étude des situations DES COLLEGES !

"L’académie de Nantes bénéficie d’un contingent de 31 réseaux (dont 12 REP+). Le rectorat de l’académie travaille actuellement dans ce cadre, en s’appuyant sur sa connaissance fine du terrain, à l’établissement d’une cartographie adaptée"
A nouveau, travail à enveloppe contrainte : les moyens sont définis AVANT de connaître les moyens qui seraient nécessaires.
Concernant "la connaissance fine du terrain", l’exemple de la Loire Atlantique est significatif : les collègues de Loire-Atlantique ont participé à un groupe de travail à la Direction Académique de Nantes mardi 9 décembre, rappelant qu’il n’était pas question d’accepter de travailler à une gestion de carte dans un cadre contraint, rappelant également l’exigence de prendre en compte les situations des écoles indépendamment des collèges.
En s’appuyant sur "l’étude fine du terrain", les représentants des personnels ont relevés plusieurs écoles, rattachées pourtant à des collèges REP, qui n’obtenaient pas le "label" REP, alors que leurs indicateurs les y plaçaient !!
Etude après définition des moyens, étude des collèges uniquement, "oublis" d’école, effectivement, un cadre de travail rassurant !

"Vous m’avez alertée sur la situation de certaines écoles de la Roche-sur-Yon, pour lesquelles, au vu des leurs indicateurs, ne pourront pas être rattachées à un collège d’éducation prioritaire."
Concernant le forme, non, il n’y a pas de faute de frappe : il s’agit bien de la phrase de la Ministre... la non relecture par ses services montre malheureusement l’intérêt porté à la question...
Pour ce qui est du fond, cette phrase traduit une méconnaissance profonde de la situation vendéenne : les indicateurs des écoles du RRS yonnais sont parfaitement conformes à ceux des RRS de l’académie (voir les données du Contrat d’Objectif Scolaire) !
Tout comme au moins la moitié des écoles du RRR de St Michel en l’Herm...
Ils ne sortiraient de l’éducation prioritaire que du fait qu’ils n’ont pas de collège REP de rattachement !

"Je suis en mesure de vous annoncer que l’école Laennec, l’école Jean Yole, l’école des Pyramides, l’école du Pont Boileau et l’école Jean Moulin continueront à disposer des moyens d’enseignement adaptés à la réalité sociologique qui est la leur."
"Des moyens adaptés" ???
Une fois de plus, nous sommes dans le flou le plus total.
Nous attendons du concret, Madame la Ministre.

"En effet, parallèlement à la réforme de l’éducation prioritaire, mettre en oeuvre à compter de la rentrée 2015 des modalités nouvelles de répartition des moyens d’enseignement pour mieux tenir compte des difficultés sociales réelles de chaque école et établissement."
Dans sa réponse à Mme Bulteau à l’Assemblée Nationale la semaine dernière, Madame la Ministre dénonçait (en remettant en cause au passage la compétence des enseignants qui font, sans doute sans raison, trop redoubler) une succession d’empilement de mesures.
Que propose-t-elle ?
Un nouveau dispositif en parallèle à l’éducation prioritaire.
Quelle cohérence ???
D’autant que des écoles exclues remplissent les critères pour faire partie de l’Education Prioritaire !!

"Le système actuel d’allocation de moyens produit un effet de seuil important. Les écoles et établissements ordinaires reçoivent un nombre de postes d’enseignants en fonction avant tout de leur nombre d’élèves et de leur nombre de classes. Seuls les écoles et collèges relevant de l’éducation prioritaire reçoivent des moyens supplémentaires."
C’est le principe même de donner des moyens à ceux qui en ont le plus besoin.
Encore faut-il que TOUTES les écoles qui relèvent de l’éducation prioritaire y soient intégrées !
Les écoles du RRR demandent depuis des années, alors qu’elles remplissent pour beaucoup les mêmes critères, d’être enfin considérées comme étant des écoles d’Education Prioritaire, a fortiori en prenant enfin en compte la notion de ruralité !
Nous retombons sur la question de la dotation pour l’éducation prioritaire et sur la définition de ceux qui en feront partie !
Rappelons à Madame la Ministre que la dotation des moyens supplémentaires pour l’Education Prioritaire (ouverture de classe) se fait elle aussi en fonction du nombre d’élèves par classe...

"Demain, l’allocation des moyens se fera, dans une double logique de justice sociale et de transparence sur la base de la difficulté sociale effectivement constatée des écoles et des établissements."
Les écoles du RRS de La Roche-sur-Yon remplissant les critères pour rentrer dans l’Education Prioritaire, difficile aujourd’hui d’entendre parler de justice ou de transparence pour des moyens "de substitution" !
D’autant que les moyens annoncés sont totalement inconnus...
Quels critères, quels moyens, quelles durées, ... ?

"Je vous propose, au nom de l’exigence de justice qui nous anime, que cette mobilisation de l’éducation nationale en faveur de ces écoles prenne la forme d’une convention académique de priorité éducative (CAPE) signée par le recteur de l’académie. Cette convention décrira l’ensemble des moyens qui devront continuer à être mobilisés pour donner aux élèves les meilleures chances de réussite dans leur parcours scolaire."
Le fait de ne pas mettre de majuscules à "Education Nationale" trahi malheureusement l’ambition de ces "conventions" : les moyens ne sont pas connus.
Quels sont les engagements des parties à cette convention ? Un Contrat d’Objectifs Scolaires ?
Qui est signataire pour les écoles ?
S’agit-il de seuils favorables ? Accueil des moins de 3 ans ? Plus de maîtres que de classes ? Du temps de concertation ?...
Si c’est le cas, c’est comme en REP !
Alors pourquoi ne pas reconnaître ce statut aux écoles concernées ?
Comme c’est le cas à Paris !
Sinon, quels moyens réels ?
Et ces moyens seront nécessairement pris sur les dotations académiques.
Au détriment des autres écoles !
Est-ce cela l’ambition, la mobilisation de l’Education Nationale ?

"S’agissant des enseignants, leur régime indemnitaire est protégé par la clause de sauvegarde pour une durée de 3 ans. Ils conservent donc le bénéfice de l’indemnité spécifique qu’ils percevaient. S’ils le souhaitent, les enseignants qui voudront rejoindre un poste comparable où la nouvelle indemnité sera versée bénéficieront d’une bonification de points dans le cadre du mouvement départemental."
La Ministre annonce une modification du barème départemental du mouvement, qui doit normalement être soumis à l’avis de la CAPD ! "Justice et transparence" ?
Rien concernant les collègues qui ne sont pas dans le RRS ou le RRR actuellement et qui arriveront dans ces écoles "CAPE" à l’avenir : toucheront-ils l’indemnité ?
Et ceux qui quittent ces écoles conservent le bénéfice de la prime ZEP ?
"Justice et transparence", probablement...
Les collègues concernés sur la Roche-sur-Yon postuleront probablement en masse pour le REP de l’Ile d’Yeu ou celui de Fontenay-le-Comte pour bénéficier d’une hypothétique majoration de barème au mouvement...


Ce courrier traduit la méconnaissance et le défaut de maîtrise du dossier par Madame la Ministre.
Il traduit sa gestion administrative et budgétaire.

Il démontre le bien-fondé de notre combat actuel : l’Education Prioritaire n’est pas une priorité pour ce gouvernement qui ne fait que gérer une pénurie, n’accordant aucune attention à la réalité du terrain, celle de nos écoles, de nos élèves et de leurs familles.

 

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