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29 août 2013

Public / Privé : la fin de l’exception vendéenne

Communiqué de presse du SNUipp-FSU 85 à la veille de la rentrée scolaire.

Alors même que les effectifs de la rentrée ne sont pas arrêtés, nous pouvons d’ores et déjà annoncer que le nombre d’élèves accueillis dans l’enseignement public 1er degré est supérieur à celui de l’enseignement privé. Cette affirmation s’appuie sur la situation des effectifs en maternelle favorable à l’école publique depuis plusieurs années et à la démographie défavorable de l’enseignement privé (effectifs plus importants quittant l’école primaire). D’autre part, les prévisions d’arrivées dans les écoles publiques sont nettement supérieures à celles de l’enseignement catholique à cette rentrée comme aux années précédentes.

Cette rentrée met donc fin à l’exception vendéenne qui se voulait être le bastion de l’école catholique, modèle d’école s’il devait y en avoir un. Il n’existe donc plus de département en France où l’enseignement privé (1er degré) est majoritaire.

Faisons un rapide retour en arrière avec quelques données chiffrées. L’enseignement privé représentait 65 % des élèves dans les années 1960. 35 % des communes n’avaient pas d’école publique (il en reste 23 %). Après le début des années 80 où plusieurs implantations d’écoles publiques se sont faites aux forceps (St Mathurin, La Garnache, la Merlatière…), il faudra attendre les années 90 pour percevoir une tendance lourde et durable qui nous amènera progressivement à la situation actuelle. Ce sont des dizaines et des dizaines de classes qui se sont ouvertes là où il était inimaginable, il n’y a pas 20 ans, d’envisager autre chose qu’une école catholique.

Comment expliquer cette évolution ?

La Vendée, comme de nombreux voisins de la façade atlantique, est un département attractif. Son évolution démographique due essentiellement à des apports de populations extérieures a très largement profité à l’école publique. Ces populations étrangères à la culture départementale sont allées tout naturellement vers l’école publique, référence de l’école républicaine. Là où il n’y en avait pas, ces nouveaux parents d’élèves ont alimenté les rangs de ceux qui demandaient l’ouverture d’une école publique. Ces situations sont très largement remarquables dans le Nord Vendée mais également dans l’Est voire le Nord-Ouest.

Les jeunes couples, moins influencés par la culture familiale, plus détachés du fait religieux, n’hésitent plus à franchir le pas des écoles publiques pour inscrire leurs enfants sans craindre le regard des autres. La qualité de l’offre scolaire promue par la Direction des Écoles Catholiques et les Organismes de Gestion des Écoles Catholiques relève du fantasme et ne satisfait que ceux qui veulent bien encore y croire.

La couverture départementale et le réseau des écoles catholiques s’affaiblissent. Constituées majoritairement de grosses écoles (8 classes et +), les écoles catholiques n’en ont pas moins de nombreuses petites dans les communes rurales ou dans des secteurs moins influents (Sud Vendée). Ces structures sont coûteuses et n’intéressent plus vraiment la DEC. Soucieuse des aspects de rentabilité, la DEC agit de façon pragmatique en effectuant de nombreuses restructurations avec le regroupement d’écoles maternelles et élémentaires, le regroupement d’écoles sur un même site ou la fermeture définitive d’établissements. Dans certaines situations, c’est l’école publique qui a pris le relais pour répondre aux attentes des populations : La Loge-Fougereuse, Grand-Landes...

Ainsi, doucement mais sûrement, l’école catholique perd de son influence.

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Evolution des effectifs

Qu’en pensent les enseignants du public ?

Malgré les difficultés d’exercer dans un département où le dualisme scolaire est si prononcé et où ils ont parfois subi de fortes tensions, les enseignants du public n’ont pas l’esprit revanchard. Si l’évolution des effectifs reconnaît leur engagement, ils restent concentrés sur leur mission qui est avant tout la réussite de tous les élèves là où ils se trouvent. Ce n’est pas l’existence ou non d’une école catholique qui peut modifier cette volonté.

Cependant, la concentration de l’enseignement privé amène une évolution notable dans le « profil » des élèves ces écoles accueillent. Si l’école privée pouvait parfois être, dans notre département, l’école du village, elle devient l’école d’évitement, celle qui sélectionne.

Quel avenir pour l’école publique ?

Tout d’abord, l’évolution doit se consolider dans le temps. Même si la tendance actuelle semble se confirmer pour les années à venir, nous ne pouvons pas nous contenter de cet état de fait. L’école publique est un service public qui doit répondre aux attentes de toutes les populations sur tous les territoires. Ce service public doit être de qualité. Pour cela, deux acteurs sont essentiels :
- les collectivités locales doivent apporter des structures modernes et adaptées avec des personnels municipaux formés et en nombre ;
- l’État doit permettre l’existence d’écoles publiques là où les besoins se font ressentir avec des enseignants formés et en nombre, exerçant des classes aux effectifs allégés.

Des besoins très forts se font maintenant attendre au niveau des collèges. Le Conseil Général de la Vendée a trop longtemps voulu ignorer cette évolution en freinant ses investissements pour laisser la part belle au privé. Mais nous faisons face maintenant à l’évidence et la nier serait contre-productif pour les conseillers généraux. Nous sommes donc dans une phase d’annonces de créations de collège indispensables pour accueillir tous ces enfants du primaire qui ne trouvent pas la continuité de leur scolarité dans l’enseignement public. Ainsi, l’enseignement privé reste encore majoritaire à ce niveau d’enseignement (56 % des collégiens).

La qualité de l’école publique ne se fera pas uniquement au nombre d’élèves accueillis mais bien aux réponses apportées à tous les élèves qu’elle accueille pour leur réussite. Les enseignants ont un rôle important à jouer. S’ils ont été les acteurs de la réussite de leur école, ils restent avant tout les acteurs de la réussite de leurs élèves. C’est bien par l’exigence de conditions d’apprentissages favorables pour nos élèves que l’école publique se portera mieux. L’enseignement public l’a toujours portée.

 

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